Lisière

On commence par entrer dans les bois. A la lisière, c’est le commencement de la forêt. Ce sont les premiers arbres, les premières fougères, les premières traces d’un animal passé il y a peu. C’est aussi la fin. La fin de la prairie (hélas souvent d’élevage un peu dense), la fin de la ville (hélas très souvent plus que dense), la fin de tout autre chose. On commence à ressentir le foisonnement, la fraicheur qu’apportent les arbres, le bruissement de l’air et de la vie. On rentre dans la forêt par la lisière. Elle peut paraitre effrayante ou rassurante, qu’elle soit baignée de soleil ou arrosée de pluie, rien n’est pareil. Mais si vous êtes toujours là, tous les sens sont sollicités, tous sont en alerte. La pluie sur les sapins fait ressortir l’odeur boisée, le soleil, lui, dépose sa chaleur sur la peau par touche, les frondaisons faisant comme une barrière protectrice pour la voyageuse. A la lisière, on peut encore se retourner et dire adieu, on peut admirer un autre paysage, on peut être surprise. On peut aussi se protéger de la pluie si l’on décide de faire un pas de plus. Mais ce pas est décisif : si on décide de la faire, il faut s’être déprise de ses certitudes, de ses assurances mais surtout de ses rationalités.

Sortir des normes, exprimer une sensibilité Vous êtes-vous déjà demandé ce qu'il y avait dans un chapeau de sorcière ? Probablement pas. On y trouve les méandres d’une écriture qui se dé-norme. Pour Loriane Ferreira, sortir ce texte de son chapeau n’a pas été aisé, tout comme la remise en Lire plus
L’urbain rimerait avec émancipation. Pourtant, pour Maële Giard, cette émancipation est non seulement un mirage, mais plus encore s'appuie sur le genre pour cultiver et perpétuer son message de grandeur. La construction patriarcale des villes est hostile au vivant et cela passe, d'abord, par l'oppression des femmes qu'elle permet. On Lire plus
Projeter l'espace hexagonal en 2143, quel meilleur moyen de comprendre le présent et ses errements. A cet horizon, l'éco-tourisme s'est, selon la dystopie de Fanny Ehl, affirmé comme l'idole de celles et ceux resté.e.s sourds aux sirènes de la crasse insouciance. Et pourquoi pas arrêter de consumer le vivant par Lire plus
Urbanisation du monde et métropolisation planétaire sont un écocide. Les surdensités sont venues rappeler le problème posé à l'occasion de la pandémie. Et, pourtant, nombre de sciences sociales installées continuent de le nier, dans une belle fraternité. Entre citations de chercheur.e.s et points de vue militants, la grande ville fascine Lire plus
Ensauvager nos disciplines scientifiques Il est difficile de trouver sa place en tant que jeune chercheur dans le monde universitaire. Encore plus quand ce chercheur est militant. Damien Deville, à travers son expérience, nous propose une critique des mondes universitaires ainsi que des milieux militants, et surtout de la difficulté Lire plus
Alors que la ville apparaît comme l’épicentre des luttes et des revendications politiques, Mathilde Girault nous propose un décentrement. En passant par les périphéries et ses luttes paysannes, il s’agit de rendre visible non seulement des filiations et traditions mais aussi des modes d’action et de lutte qui s’émancipent des Lire plus
Alors que le confinement nous a imposé une pause du corps, l’esprit a pu vagabonder à son aise sur les chemins de Garelle. C’est ce que propose Jean-Baptiste Vidalou, lors d’une promenade réflexive, durant laquelle il nous invite à nous questionner sur les cadres oppressifs des normes sociales et des Lire plus
Plongeons dans une histoire oubliée, celle qui ne se raconte pas dans les livres d’école. Les naturien·ne·s du XIXème siècle ont essayé·e·s d’agir contre les normes en place, pour s’en débarrasser, pour pencher la tête et entrer dans la forêt avec plus de questions que de certitudes. François Jarrige, en Lire plus
Les mégafeux "éclairent" d'une lumière crue non seulement le caractère destructeur de notre civilisation mais, derrière cela, la sauvagerie... d'une disqualification du sauvage. Joëlle Zask décrit l'arraisonnement de nature et sa démesure tout en situant le débat philosophique dans le dépassement de dichotomies propres à la modernité. Le sauvage n'est Lire plus